« I like to kiss her eyes for all she doesn't see... » Avril

La ville attendait tranquillement sous la pluie qui collait au bitume. Les ombres restaient désespérément inanimées, les rêves avaient revêtu leur cape de mort et comme si des froissements de corps tentaient de s'accrocher le long des câbles...Ondulations imperceptibles dans le travers des côtes...La créature traverse un halo d'éclairage public, le poing serré sur le vide. Regard percé de rouge brillant en direction du cadavre adossé à un banc public. Remous de rage quand la rencontre s'abrège en impasse. Elle en oublie d'être agréable et ne laisse paraître qu'une forme de dégoût d'impuissance, émotion déjà connue mais qu'elle évite le reste du temps.

Trace de lumière sur lèvres humides. Oublie un instant le néant naissant au profit d'une couleur d'ambiance. Des alcôves capitonnées seraient d'un grand secours pour calmer l'échange chimique qui s'établit insidieusement entre les parties du fond de son cerveau. Avec une régularité parfaite elle s'enfonce dans une nuit qui ne présente aucun creux pour s'y laisser choir

Fuite de dopamine par l'arrière de la gorge. Quelque fois les seuls bruits qui lui parviennent sont ceux

de la peau reflétant
l'image inexistante: un chatoyement en oxyde de titane tracé contre un autre coeur. Détour des pensées au contact d'une perte de substance occasionnée par électrocution virtuelle. Elle est roulée en boule dans son sommeil, elle se donne l'occasion d'étouffer ce qui ne manquerait pas de lui donner envie de revenir, elle tremble en espérant que son regard se close sur une rumeur prête à être absorbée.
Aucune interférence.
La promesse reste semblable et même installée aussi profond qu'un parasite neural glissant tout en douceur absence et chaleur à doses égales.

Elle se promène dans une zone hantée de pirates et de fées électroniques qui cherchent à transformer son secret en drapeau de combat. Elle regarde un feu qui lutte contre la neige sur cette place oubliée. Sa respiration pourrait être un effleurement si elle s'abandonnait au changement de la couleur des temps. Les sensations qu'elle commence à injecter dans le circuit vidéo de surveillance globale ne sont pas destinées à croiser leur cible initiale car elle n'imagine pas n'être qu'un écho.

Plus tard, elle parcourt une foule au sein de laquelle elle garde sa confiance indemne. Elle s'arrête au bord du passage et se détaille dans une vitrine sale. Elle a un filtre en forme d'attente irrésolue sur le visage.

--2005.09.29


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